BRESIL - De Leticia/Tabatinga à Manaus (1/2)

Mercredi 13 – samedi 16 juin 2018
Cette petite aventure commence la veille du départ car il faut régler les formalités de police ; en l’occurrence, faire apposer sur son passeport le tampon de sortie du territoire colombien et celui d’entrée au Brésil ! Leticia la ville colombienne est contiguë à Tabatinga son homologue brésilienne mais les bureaux ne le sont pas. Le poste d’immigration colombien est ancré sur le port – plus besoin de retourner à l’aéroport comme l’écrivent certains guides - mais il faut une bonne demi-heure à pied pour se rendre à celui du Brésil et il y fait nettement plus chaud ! En fait la rue est longue, n’a pas d’arbre et pas d’ombre… Sur le chemin du retour, arrêt à un distributeur de banque pour retirer des réals. Problèmes de police résolus, il me faut récupérer le billet commandé à l’agence de voyage, acheter un hamac, une serviette de toilette, quelques provisions pour compléter les repas qu’on dit frugaux et changer mes derniers pesos colombiens.
Un tuk-tuk passe me récupérer à l’auberge à 07:30 du matin et me dépose un quart d’heure plus tard au port d’embarquement de Tabatinga. Le GM OLIVEIRA notre bateau est là, il semble en bon état, les employés s’activent. On m’avait conseillé d’arriver de bonne heure, je peux difficilement faire mieux : mon sac de voyage est le deuxième de la file qui va s’allonger au fil du temps. Deux heures à attendre patiemment et à observer les passagers arriver en tuk-tuk, moto, camionnette et ranger leur impressionnante cargaison sur les files. Un jeune Brésilien me fait signe que je dois aller me faire enregistrer, on m’accroche un bracelet en plastique bleu autour du poignet, une policière enregistre mes coordonnées et on me délivre un petit carton précisant que tout est en ordre. Autour du poignet des passagers, différentes couleurs délivrées en fonction de leur destination. Manaus est le terminus de ce ferry, nous devrions y arriver samedi vers 12:00.

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A 10:00, la première file s’ébranle et peut monter dans le bateau mais elle est arrêtée au pont inférieur ; tous les bagages sont à nouveau positionnés en ligne et des policiers avec des chiens viennent les renifler ; plusieurs aller retour, un jeune colombien se fait retirer sa petite barre de shit, consommation personnelle, pas de problème.

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On m’a recommandé d’installer mon hamac au milieu, loin des moteurs… Mon voisin de couchage m’aide à faire les nœuds requis et je pars découvrir le bateau ; à l’étage seulement deux jeunes mecs installés, ça à l’air nettement plus agréable, je descends récupérer hamac et bagage et m’installe sur le pont supérieur… Nous sommes vite rejoints par d’autres personnes dont une jeune fille qui me semblait tout avoir de “la” brésilienne : cheveux bouclés, peau dorée et énergie débordante mais non KIKA est parisienne, un couple de jeunes chiliens, deux jeunes brésiliens, le jeune colombien… Kika et un jeune colombien redescendent faire des courses pour le déjeuner non prévu et ramènent une bouteille de cashasa… les verres circulent et l’ambiance monte… Quand le bateau quitte le port à 12:00 nous ne sommes qu’une petite dizaine sur le pont supérieur… C’est la fête, premier arrêt à BENJAMIN CONSTANT une heure plus tard, quelques passagers et leurs marchandises descendent mais beaucoup montent, il n’y a plus de place pour faire la fête…

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Dans l’après-midi, alors que je scrute l’horizon, il propose de me prendre en photo : je fais connaissance d’Erick un médecin cubain qui travaille auprès des populations locales des villages le long de l’Amazonie ; il est seul ici depuis deux ans, sa femme et ses quatre enfants sont à Cuba… Il ne peut les voir qu’un mois par an. On va passer le reste de l’après-midi et la soirée à discuter ; il descendra du bateau à SAO PAULO DE OLIVENCA pour rejoindre son domicile à 22 heures. Il  semble assez triste et désabusé, regrettant de ne pouvoir être plus efficace auprès des indigènes très réticents, beaucoup de mortalité qu’il ne peut enrayer à cause de la culture locale et des rapports aux sorciers, pas beaucoup d’interlocuteurs et des problèmes de traduction… il a passé 7 ans au Venezuela envoyé par son gouvernement. Il travaille ainsi pour améliorer ses conditions de vie mais c’est difficile bien que rémunéré à la fois par son gouvernement et par la Colombie les salaires restent faibles…
A 17:45, une clochette retentit, c’est l’heure du dîner ; une file se forme sur le pont intermédiaire et nous pouvons entrer à tour de rôle dans le réfectoire qui peut accueillir une trentaine de personnes ; certains habitués ont apporté tupperware et couverts, se font servir rapidement et retournent prendre leur repas dans leur hamac. Pour le repas ce soir, de la viande de bœuf cuite à l’étouffée, des pâtes et des pommes de terre (plutôt bon) et un verre d’eau fraîche ; inutile de dire qu’avaler son repas ne prend pas plus de 7 à 8 minutes et que la file d’attente se résorbe rapidement…Nous passons la fin de la soirée sur le pont arrière à admirer le coucher de soleil ; la nuit tombe rapidement et apporte avec elle une fraîcheur piquante qui invite à récupérer un pull…

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Et ce soir ce sera 'toilette de chat' parce que la douche froide dans les toilettes/wc ne me tente pas particulièrement ! Je ne vais pas vraiment bien dormir : pour les Brésiliens mon hamac serait trop petit... en fait j’ai eu un peu froid et puis au milieu de la nuit un autre arrêt à AMATURA a perturbé le rythme de sommeil.
Quand on sonne l’heure du petit déjeuner à 06:00 du matin – en fait il est 07:00, décalage horaire oblige -, je me dis que je vais passer une bonne partie de la matinée dans mon hamac ! Pour être franche, il n’y a pas grand chose à faire, les rives sont plates, lointaines, assez monotones, il est rare que l’on s’en approche. Quelques maisons le long du rivage, un poisson ou un dauphin qui saute, c’est fugitif… L’eau est marron, terreuse… A bord, les passagers somnolent dans leur hamac, regardent le paysage ou le match de foot à la télévision, discutent, jouent aux cartes.. Je n’ai vu personne lire. Pluie battante quand on arrive à SAN ANTONIO DE ICA ce matin, le vent s’engouffre sur le pont, on est obligé de le fermer par des bâches…

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Plus tard, arrêt à TONATINS ; Kika suggère que nous allions nous promener, l’escale serait de deux heures… Je laisse le petit groupe partir en avance voulant mettre mon ordinateur en sécurité dans mon sac à dos verrouillé quand j’entends la sirène du bateau… Mauvaise info, il repart après 1/2 heure d’arrêt, on éclate de rire, une jeune colombienne déjà sortie revient en courant sous le regard amusé des matelots qui ne comprennent pas…
Cet après midi, je rédige ce message, mon voisin m’offre un fruit local (?) et  une orange, tente une conversation mais mon portugais est pire que mon espagnol c’est dire… Et il ne parle pas anglais… Alors on rigole…



Commentaires

  1. Coucou ma belle. Je vois que tu as toujours la forme et m'en réjouis.
    Appelle moi à ton retour pour que l'on puisse se revoir et pour me raconter...
    BISOUS ENORMES.
    Je suis en pleine forme....

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  2. Super récit! J'aimerais savoir comment est la sécurité à bord? Y-a-t-il des risques de se faire voler son sac?

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