ANGKOR : SUNSET sur le BAKONG




Dans quel plan galère est-ce que je viens de m’engager ? !
03:30 du matin : l'alarme de mon téléphone me réveille : je vais assister au lever du soleil sur le Bakong et dans la foulée visiter les temples de Roluos. Pov, un chauffeur de tuk-tuk m'a donné rendez-vous à 04:00, nous avons 13 km à faire. Au sortir de ma chambre, je croise Ciel, le responsable de ma guest – qui semble rentrer d’une soirée – il m'annonce que Pov s'est décommandé, c’est Tet, son jeune cousin factotum qui va m'emmener : le jeune homme (22 ans), qui dormait dans un hamac, est réveillé sans beaucoup de ménagement : il a le temps d’enfiler un polo et d’accrocher la remorque du tuk-tuk à son scooter. Plus tard je vais regretter de ne pas lui avoir dit que je pouvais me contenter de la moto seule… Je me suis équipée, il fait encore (un peu) froid au Cambodge, je me suis couverte : j’ai superposé t-shirt, polaire, veste de rando et rajouté écharpe et paréo sur les épaules… “Purée ça caille !” et il va falloir tenir 13 km et ce pauvre jeune type tire sur les manches de son pull pour ne pas avoir les mains gelées ; j'ai mal pour lui… Il prend la direction d’Angkor Vat mais non c’est à Roluos que je veux aller… Il fait nuit noire ! Quasiment aucune circulation même si beaucoup se réveillent et mettent en place leur activité de la journée…
04:45 : Tet me dépose devant l’espace noir dans lequel doit se situer le Bakong ; il me propose son téléphone en guise de lampe mais j'en ai une. Je lui passe mon paréo pour qu'il le double et essaie de se réchauffer, pas le moindre mouvement alentour, pas le moindre café pour se réchauffer ; avec ce petit froid matinal, pas même sûre qu'il puisse prolonger sa nuit de sommeil !
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J'ai visité ce temple en janvier 2007, je me rappelle la longue allée qui y conduit ; la lumière de ma lampe m'évite de trébucher sur les dalles au sol puis sur les marches distordues qui mènent au sommet de cette pyramide formée de cinq plateformes. Je vais les explorer les unes après les autres, donner un coup de flash de temps en temps, admirer le ciel étoilé qu’aucune lumière artificielle ne vient troubler, sursauter à quelques bruits bizarres, scruter l’obscurité pour vérifier qu’aucun danger ne s'annonce ; au pied du temple-montagne, le monastère semble encore endormi, pas de signe de vie… Où va émerger le soleil ? Je ne suis pas une lumière en position d’étoiles, je me fie à deux repères : les lueurs de Siem Reap à l'ouest, l'orientation traditionnelle des temples à l'est. 
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Au sommet, le sanctuaire, renferme une minuscule statue de Bouddha : d’un trou d’environ 1m3, devant la statue, émane une surprenante chaleur. Je tourne le dos à Bouddha, qui me réchauffe, et attends patiemment le lever du dieu soleil ! Un petit flash pour admirer les fesses des deux lions qui me protègent… De temps en temps, le phare d’une moto… Je patiente… Petit à petit, des feux de bois montrent que certains préparent leur premier repas de la journée.
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05:30, soit 3/4 d’heure après mon arrivée, le ciel en face de moi commence à rougir et, petit à petit, le site émerge de la nuit…
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A 06:00, le soleil est levé, je n'ai pas vu son disque ! Je retrouve Tet et lui précise que je laisse tomber la visite des autres sites de Roluos : Lolei et Preah Ko. Pas de contrôleur pour activer ma troisième journée de visite, je vais pouvoir l'utiliser ultérieurement.
Là, maintenant, tout de suite, j'ai juste envie d’un café avec des croissants… Il fait un peu plus chaud sur le chemin du retour, la circulation reprend et les camions, maîtres de la route, klaxonnent à tout rompre pour que scooters et tuk-tuk leur cèdent la place. J'achète des croissants et des pains au chocolat dans une "bakerei" pour les partager à l'arrivée autour d’un café ; ils sont plutôt bons mais c'est plus une pâte briochée qu’une pâte feuilletée. Incidemment, j’apprends que les Japonais ne donnent pas de chocolat à enfants, ça abîmerait leurs dents : Yasuyo, la maman de Miella est japonaise.
Pendant 36 heures, je vais traîner un bon rhume soigné avec du paracétamol et du sommeil, j'émergerai pour le réveillon de Noël à peu près en forme. Le 25 décembre, j'offre à Tek un thermos pour qu'il puisse se préparer des boissons chaudes…
BAKONG temple-montagne
Construit et dédié à Shiva, le Bakong est le plus grand et le plus intéressant des temples de Roluos. Il symbolise le Mont Meru et fut le temple principal de cette capitale du roi Indravarman Ier. il compte parmi les premiers grands temples permanents érigés par les khmers et marque le début de l’art classique khmer : avant la construction de Roluos, on utilisait des matériaux légers et moins durables comme la brique. L’ensemble se compose d’une pyramide centrale en grès à cinq niveaux sur une base de 60m2, flanquée de 8 tours (ou de leurs vestiges) en brique et en grès et de sanctuaires mineurs. Une douve et trois murs concentriques entourent l’ensemble. Des éléphants en pierre ornent les angles des trois premiers niveaux ; 12 stupas de chaque côté s’élèvent au 3ème niveau. Le sanctuaire du 5ème niveau fut un ajout tardif dans le style de la tour centrale d’Angkor Vat.
D’après le Lonely Planet
Recommandations
  • L'heure du lever et du coucher du soleil diffère en fonction de la saison : en décembre, il se lève plus tard !
  • Pensez qu'en décembre, il peut faire froid au Cambodge : emportez une petite laine !
  • N'oubliez pas lampe de poche et éventuellement boussole…

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