CHANGRAI / SUKHOTHAI par les CHEMINS de TRAVERSE...

Ce lundi 27 octobre, l'aller retour à MAE SAI (ville frontière avec la Birmanie) ne m'apporte pas les informations escomptées. Du côté thaïlandais, je n'arrive pas à savoir si je peux sortir et revenir sur le territoire dans le cadre de mes deux premiers mois de visa ou s'il faut que j'attende la prolongation - et la 'ré-entrée' - d'un mois. Simultanément, je n'obtiens pas de confirmation quant au laisser passer de 15 jours pour la Birmanie ! Je décide de ne pas prendre de risque, de descendre sur Sukhothaï et de revenir dans deux semaines... 

Mardi 28 octobre : Il y a un moment que je trouve toujours un peu difficile à vivre c'est quand il faut reprendre la route après avoir pris des habitudes ; il y a plus de 10 jours que je suis à ChangRai et la Ben GH m'est familière ; refaire mon sac et repartir pour l'inconnu génère des sentiments contradictoires. J'ai opté pour les chemins de traverse, que les touristes pressés ne fréquentent pas, je prends le bus pour PHAYAO (69b/1,75€). Moment de solitude à l'arrivée ! Dans quelle direction aller ? Tout est écrit en thaï, seules quelques publicités sont en anglais, ce sac à dos à roulettes est une bénédiction ! Un carrefour, la direction du lac en alphabet latin, "le" site touristique de la ville. 


KWAN PHAYAO, le plus grand marais du nord de la Thaïlande
A 11:30 du matin, sous un soleil très haut et très chaud, ce n'est pas une sinécure que de rechercher un hébergement. Je teste un premier établissement, trop cher pour les prestations proposées, un deuxième est complet, je finis par trouver une guesthouse recommandée par le LP après 35 minutes de marche. La Huean Phak Jum Jai me propose une très jolie chambre au 2ème étage - avec balcon et vue sur le lac - un peu chère (600b/15€) mais l'accueil est charmant. Débarrassée de mon sac et rassurée sur la nuit à venir, je déjeune d'un poisson grillé, l'une des 50 espèces qui peuplent le lac ; je me balade et nourris des poissons d'élevage qui viennent de me nourrir. Dans une petite coffee shop, je loue un vélo (30b/0,75€) et pars visiter, à 2 km de là, le Wat Sri Khom Kham, le temple le plus important de la ville. Vers 16:00, une barque m'emmène voir les vestiges du Wat Tiloke Aram, un temple englouti vieux de 500 ans ; je la partage avec trois jeunes thaïs venus de Bangkok dont un charmant dentiste avec qui sera plein de prévenance à mon égard, pour monter et descendre de l'embarcation. Agréable rencontre... Wifi accessible dans ma chambre, j'ai de quoi occuper ma soirée avec mon notebook.

Mercredi 29 - jeudi 30 octobre : Je poursuis pour PHRAE ; un tuk-tuk me dépose à la station de bus ; Phayao/Prae 100b/2,5€. Rebelote à l'arrivée : je me fie à mon guide pour accéder à l'auberge envisagée. L'échelle des distances du plan n'est pas bonne, il me faut marcher sur des trottoirs défoncés et/ou encombrés, sous un soleil de plomb, pendant une quarantaine de minutes, avant de trouver la Bua Khao, une grande bâtisse en teck plutôt agréable (450b/11,25€). Je réserve pour deux nuits, je veux me poser et faire laver des vêtements ! Installée, je pars à la découverte de la vieille cité, que le LP compare à Luang Prabang (Laos)... Ben comment dire ?! Le premier contact me laisse dubitative : un temple, deux, trois... pas particulièrement intéressants, une quartier historique plutôt laid, peu de verdure... Je demande à un jeune motocycliste la direction de la Maison Vongburi, il propose de m'y déposer, trois minutes de moto, sympa ! La maison en teck du dernier prince de Phrae a été transformée en musée privé ; c'est une superbe bâtisse de 20 pièces meublées construite entre 1897 et 1907 ; la famille possédait une rentable concession de teck. Cette superbe maison accueille des mariages et sert aujourd'hui de décor pour des films. Quelques rues plus loin, la maison du gouverneur est aussi devenue musée. Une charmante jeune femme me sert de guide bénévole pour découvrir cette immense maison en teck et attire mon attention sur les trappes faites pour les esclaves, la grande pour les emprisonner au sous-sol, les petites pour leur jeter de la nourriture ! En face, transformée en école, un autre superbe bâtiment en teck appartenait à un membre de la famille du gouverneur... C'était l'époque où le tronc de teck ne valait qu'un bath et l'esclavage était encore pratiqué, à savoir au début du 20ème siècle ! Je dîne dans la rue, en me baladant dans le marché de nuit, toujours sympathique. Cette après-midi de visite, légèrement décevante, me convainc que je vais pouvoir consacrer ma prochaine journée à la rédaction de mon blog.
Tôt le matin, je pars à la recherche d'un petit déjeuner sympathique que je ne trouve pas au gingerbread café, un établissement très western. Je me balade le nez au vent et découvre quelques vieilles maisons en teck que le LP n'évoque pas ; l'une d'elle est superbe mais le dernier propriétaire l'a vidée de ses meubles et sa visite a beaucoup moins d’intérêt. Je pars à la recherche de la Baan Pratubjai, spontanément, un jeune motocycliste s’arrête pour me proposer son aide ; il m'embarque sur son destrier et me dépose à l'entrée du musée. Ils sont vraiment adorables ces jeunes gens, dommage que je ne parle pas thaï ou eux anglais, difficile de communiquer mais on rit bien ! La "maison imposante" est une demeure en teck qui a nécessité plus de 130 troncs d'arbre, chacun vieux de plus de 300 ans, récupérés dans 9 vieilles maisons paysannes. C'est surtout un lieu commercial que ne n'ai pas beaucoup apprécié. Difficile à trouver, je ne sais plus en repartir pour regagner la ville historique : je me perds à nouveau dans cette ville que le Lonely estime à 20 000 habitants. Par hasard, je découvre un lieu de crémation, deux chapelles surmontées d'une énorme cheminée et de part et d'autre des salles de recueillement. Je poursuis ma route, tombe sur un temple où a lieu une cérémonie funèbre ! Je suis "pommée" quand descend d'une superbe voiture une jeune femme d'une trentaine d'année qui me propose son aide... en anglais ! Je veux aller déjeuner au Pan Jai, repéré la veille au soir. New et son compagnon 'Kenz' m'y déposent ! Super ! Au détour de la conversation, j'apprends que Phrae est une ville de 500 000 habitants et que si je m'y perds... Selon mon guide, le Pan Jai propose une délicieuse cuisine locale et tout est présenté sur un comptoir ! Pas vu le comptoir, je suis face à un menu en thaï, certes plein de photos, mais rien ne me parle vraiment, c'est la galère ! J'ai compris que la spécialité locale ce sont les nouilles de riz fraîches mais avec quelle sauce ? Je suis en pleine expectative quand arrivent à mon secours, New et Kenz : ils se sont dit que j'allais galérer, ils viennent déjeuner avec moi ! Ils commandent plein de petites sauces qui accompagnent les pâtes blanches ; aucune ne m'a vraiment séduite mais ce fut un déjeuner riche en échanges même si Kenz ne parle pas anglais.


Ils me proposent de passer l'après-midi avec eux : ils partent à la recherche d'un hébergement pour le weekend dans un parc national à plusieurs dizaines de kilomètres de là ; des amis viennent leur rendre visite, ils veulent visiter et réserver un bungalow. Je vais encore prendre du retard sur la rédaction de mon blog ! Compagnons de route charmants, voiture confortable, je me suis laissée porter, bien agréable quelquefois. New est responsable au niveau régional pour la société Shell, son compagnon construit des bâtiments, ils appartiennent à cette middle class aisée qui a fait des études et qui s'en sort plutôt bien. En chemin, ils me font visiter une grande et belle grotte : tout au fond, une statue de Bouddha et un moine qui répond aux demandes des visiteurs. Mais aussi, un rocher dont la forme pourrait évoquer une mère et son bébé ; une légende locale raconte qu'une princesse se serait éprise d'un roturier, un soldat, et que pour la punir, son père l'aurait enfermée dans cette grotte où elle se serait calcifiée ! Le parc national traverse des villages hmongs : les forêts brûlées font place à des champs de choux et l'on croise des voitures chargées outre mesure de ces légumes. Les bungalows du parc national sont complets pour le WE (superbe vue, bungalow agréables pour 400 b). New et son compagnon vont se rabattre sur un gîte loué par une famille hmong.
Pour clore cette délicieuse après-midi, je les invite à dîner dans un restaurant de viande "western" ; je peux confirmer que les thaïs ne savent pas cuire les steaks.

Vendredi 31 octobre : Je récupère mes vêtement à la laundry puis reprend le chemin de la station de bus mais cette fois-ci j’arrête un sahm-lor pour m'y conduire. Prae/Sukhothai 115b/2,8€. En suivant l'itinéraire pris par notre bus, je me rends compte qu'il va passer par SI SATCHANALAI ; s'y arrêter maintenant m'évitera un aller retour au départ de Sukhothai. J'espère que le chauffeur a bien compris que je veux descendre au niveau de Chaliang et non de la vieille ville ! Oui c'est bon mais y'en a un qui m'a repérée, c'est le loueur de vélo et épicier de l'entrée du site. Il prétend que la guest est à plus de 3 km et me demande 60b/1,5€ pour m'y emmener en moto ! Imaginez mon gros sac entre lui et moi, sur la moto, pour faire ces trois kilomètres... Mais quel requin ce type ! En traversant la passerelle, en face de l’arrêt de bus, j'étais à 10 minutes à pied de la Papong homestay ; plus tard, il va me faire payer un vélo le double du prix pratiqué localement (40b/1€). Bien sûr que ce ne sont pas les sommes en jeu qui me gênent mais leur lien avec le niveau de vie local et la filouterie qui altère les rapports entre touristes et locaux. Bref, petite chambre agréable, un peu chère, je négocie le petit déjeuner (500b/12,50€), hôtes charmants, balades en vélo à l'ombre des arbres, sites superbes et quasi désertés... Le pied, bonne idée que cet arrêt !

Samedi Ier novembre
Le bus pour Sukhothai est censé passer à 14:00... Amplement le temps de faire une dernière balade à vélo à travers la campagne... Que la vie est douce à bicyclette le long de la Mae Nam Yom ! A 12:30 je suis au bord de la route, déjeune dans la gargote qui me protège du soleil : 1h30 d'avance pour un bus qui va arriver avec 1h de retard ; impossible de travailler sur l'ordinateur, le soleil se reflète dans l'écran... Que la vie de touriste est chia... dure au bord de la route 101... Le superbe autocar à double étage qui s’arrête pour me récupérer à 15:00 est rafraîchissant ! (Si Satchanalai/Sukhothai 50b/1,25€

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Commentaires

  1. Formidable peuple, et formidable et paisible région me semble t il ! Je n'ai connu Phayao que comme une halte en journée, j'avais pris une barque en photo, donc il y avait bien de l'eau :) Bon chemin à toi !

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  2. Coucou , ma cousine , seulement un petit Handicap pour te lire !! aurais tu la possibilité de pouvoir changer ton fond d’écran, en une couleur plus clair ?, et pourquoi pas , faire le contraire , lettres blanches sur fond noir ?
    Est ce moi seule qui à se problème ?
    En attendant bisous et continu de nous faire partager ta route , big bisous .

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  3. Coucou Lydia... Désolée mais c'est trop tard pour changer : avant de partir, j'ai opté pour la même maquette que nous avions utilisée, Gaëlle et moi, pour notre blog, toujours en ligne, "mère et fille en Asie" et je ne peux me risquer à changer les couleurs au risque de tout perdre... Bisous depuis Tachilek, la ville birmane à la frontière avec la Thaïlande.

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  4. Hello Jocelyne... car j'imagine que l'anonyme ci-dessus c'est toi... Je confirme, peuple charmant et régions paisibles... Je reviens d'un trek autour de Mae Hong Son qui confirme ces impressions mais apporte aussi des infos qui dynamitent ce que la communication politique tend à nous faire croire...

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