SURVIVRE DANS LA JUNGLE

Aujourd'hui, 20 octobre 2014, je suis parée, pantalon et chaussures de trek, je peux me confronter à tous les serpents de la forêt... Et ça commence fort, notre guide en tue un avec sa fronde puis sa machette... 
Nous sommes trois "western" (un couple allemand et moi) sous la protection de Som Yot et Api, deux guides Akha. Eva est une jeune interne de Stuttgart, son compagnon Mathias évolue dans le monde de la finance à Berlin, ils passent trois semaines de vacances en Thaïlande où ils sont arrivés deux jours plus tôt.
A 10:00, notre petit groupe s'ébranle. Une jolie grimpette à la sortie du village, j'espère qu'il n'y en aura pas beaucoup du même topo !




On suit un sentier à travers les bambous...

Nos guides en choisissent un gros, l'abattent et le transportent quelques dizaines de mètres plus loin.

Ils le tronçonnent en 5 morceaux, puis méthodiquement, avec leur machette, ils confectionnent cinq gobelets sous le regard d'abord attentif des "blancs".





... Ils tapent sur des bambous et sont les numéros "un" ! ...













Les gobelets terminés et soigneusement lavés, nos guides s'attèlent à la confection, dans les chutes de bambou, de 5 paires de baguettes...






Pendant ce temps, les touristes surveillent les cinq moustiques qui menacent, observent les trois papillons qui volettent et écoutent le bruissement du cours d'eau... 

Félicie a osé sortir de son sac, même pas peur !












Quarante minutes plus tard, notre groupe reprend la route et se trouve confronté à un passage très difficile : un pont de bambou surplombe un torrent de montagne tumultueux... 
Vaincue haut la main la dangereuse traversée ! 
Idem pour l'harassante grimpette dans le champ de maïs...
Dur, dur la vie de nous !

A nouveau, nos guides abattent et transportent un tronc de bambou : c'est une manie la déforestation ! Entre-temps, Som Yot nous montre sa dextérité au maniement de fronde et j'hurle quand il s'exerce sur les oiseaux, comme si viser des bouteilles plastiques ne suffisait pas ! 
Vers 12:00, on s'arrête près d'un ruisseau ; à priori, on va déjeuner là. 
Eva et Mathias s'isolent et papotent, j'observe la confection du repas.







Le deuxième bambou est tronçonné en trois longs tubes et un feu est préparé avec le tronc d'un vieux bambou desséché.

Api rapporte une quinzaine de feuilles de bananiers.
Som Yot sort de sa besace du chou, des carottes, des oignons, de l'ail et d'autres herbes qu'il émince sur une feuille de bananier. Il en remplit un premier tube, y rajoute de l'eau (du ruisseau) et ferme avec un bouchon de feuilles de bananier. Il pose le bambou sur le feu.
                
Dans le deuxième tube, il alterne des herbes et des œufs : la "bambou omelette" part à la cuisson, elle sera rejointe par un troisième bâton qui renferme l'eau pour le thé. 





Api, quant à lui, recouvre de feuilles de bananiers un creux formé dans le sol et y dépose le contenu de 7 ou 8 sachets de nouilles déshydratées.









Som Yot vient y verser les légumes cuits dans le premier bambou et laisse reposer quelques minutes avant de nous servir dans nos gobelets.
Le tube de la "bambou omelette" est coupé en deux, des épis de mais ont été grillés... 
On passe à table et c'est DELICIEUX ! 



Le thé de feuilles fraîches est un peu âpre mais se laisse boire...




Pas de vaisselle à faire, les nappes sont laissées dans un coin.

Nous poursuivons notre chemin...








En résumé, une petite balade bien agréable qui me conforte dans mon sentiment : on peut survivre en tongs dans la jungle (cf. expérience de 2011) pourvu qu'on soit accompagné d'un guide qui sache manier une machette !



















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