Petit déjeuner au café culturel Kaipichu, la propriétaire me sert un jus de papaye gonflé avec de la maïzena remède local contre les troubles intestinaux, ça va s’avérer efficace ! Nancy et moi allons pouvoir jouer sereinement les touristes dans cette ville de POTOSI.
Potosi est une ville qui a été très riche et très importante jusqu’au XIXème siècle. Fondée en 1545 après que des mines d’argent y aient été découvertes ; pendant trois siècles elle était aussi peuplée que Londres et Paris a la même époque mais pendant ces trois siècles d’exploitation minière 8 millions d’esclaves noirs et indiens sont morts des conditions de travail dramatiques... Aujourd’hui le filon est tari mais du plomb et du zinc continuent à faire travailler des mineurs volontaires, organisés en coopérative dans des conditions difficiles. On visite la ville avec Nancy on sent la splendeur passée dans ces maisons coloniales aux balcons ouvragés, dans ces belles églises et ce Palais de la Moneda aujourd’hui musée qui frappait la monnaie, superbe porte de la compagnie de Jésus, théâtre Oniste, marche local avec toutes les couleurs et des marchandises et des costumes des boliviennes... Alors qu’on se balade sur la place principale, on croise notre voisin de chambre Stein un jeune hollandais qui voyage seul en Amérique du sud, il passera la fin de la journée avec nous...
Dans l’après-midi nous décidons d’aller en bus local au Cerro Rico ce mont qui domine la ville et qui contient les mines actuelles d’où le plomb et le zinc sont extraits... la mine ne fonctionne pas le dimanche mais quelques personnes y travaillent, trois ou quatre hommes qui terminent de maçonner des cabines individuelles pour que les mineurs puissent se changer, une vieille femme qui enlève des pierres déversées par un wagonnet et puis des familles vivent ici, le linge sèche... Une gamine veut nous vendre des pierres puis nous propose d’entrer dans la mine ; nous sommes un peu surpris mais la laissons faire. Avec d’autres gamins, elle récupère des casques et des lampes et quand Nancy et Stein les ont sur la tête nous demandent 15 bols par personne... Claustrophobe, je n’ai jamais eu l’intention de visiter cette mine. Nancy l’a fait il y a quelques années, Stein y va demain avec un guide officiel. Nous déclinons la proposition des gamins mais restons interloques de la facilite avec laquelle cela aurait pu se faire. Nous terminons cette journée dans un restaurant "touristique" El Fuegon où nous dégustons tous les trois une superbe fondue de lama avec un petit vin chilien particulièrement fruité : la soirée est plutôt gaie, le retour à l’hôtel aussi...
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